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Palabres de voyageurs

Vendredi 2 mai 2008

Days / James Lovegrove. – Bragelonne, 2005.- 343 p.

 

Days nous invite à vivre une journée dans le plus grand giga store du monde, un magasin à 7 étages, 777 rayons et géré par 7 frères. On traverse cette journée minute par minute dans la peau de plusieurs personnes : un agent de sécurité "Fantôme", un couple de nouveaux clients, un responsable du rayon livre et chacun des sept gérants.

Cette journée si comparable aux précédentes dans sa folie routinière de consommation effrénée, dans la médiocrité et la solitude de l'un, dans la mesquinerie et la violence de l'autre, sera la dernière que passeront certaines personnes dans ce magasin.
Traverser Days est un moment mémorable qui laissera à la Troltinet un petit arrière-mauvais goût amère. Celui de la culpabilité de participer personnellement à la folie consumériste.

Par Troltinet - Publié dans : Chroniques littéraires
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Jeudi 24 avril 2008


Synopsis
: En 1492, à son retour de combat contre l'armée turque, le prince Vlad Dracul trouve sa fiancée Elisabeta morte. Fou de douleur, il défie Dieu et la mort. Quatre cents ans plus tard, le comte Dracula souhaite s'établir en Angleterre. Il fait appel à Jonathan Harker, un clerc de notaire anglais dont la fiancé Mina Murray est le sosie d'Elisabeta, l'amour perdu du comte...

 

Cette adaptation reste la plus proche de l'histoire originale écrite par Bram Stocker. C'est à noter, certes. Pourtant, ce n'est pas la raison qui m'a fait autant apprécié ce film.

Peut-être que Gary Oldman y est pour quelque chose...

 


Oui, c'est sûr, il y est bien pour quelque chose !


Bien, bien, bien... A part ça, le thème ancestral de "l'amour éternel" a eu raison de la petite fleur bleue que j'étais... (que je suis...?)

Ce qui est trés touchant, c'est que le grand amour décrit par Coppola est particulièrement malmené : Elisabeta se suicide car elle pense rejoindre son fiancé dans la mort, alors que celui-ci devient immortel parcequ'il veut se venger de l'injustice de la mort de sa bien-aimée. Du coup, il sont séparés...
Bon... 400 ans plus tard, ils finissent par se retrouver. Parfait !
Malheureusement, Dracula a pris de bien mauvaises habitudes depuis le temps qu'il vit en célibataire. Il veut se choper Mina (la réincarnation d'Elisabeta), quitte à la tuer... Et pour sa part, Mina reste vraiment fidèle à ses sentiments amoureux puisqu'elle n'hésite pas à trucider son bien-aimé afin de sauver l'âme du monstre en perdition... Quel bazar !


Les monstres sont vraiment fooormidables, j'ai une grande admiration pour leur impétueuse ingéniosité à toujours se foutre dans la merde !
Ils sont proprement et absolument fascinants, n'est-il pas ?

Par Troltinet - Publié dans : Cinéma de l'imaginaire
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Samedi 19 avril 2008

Synopsis : En 1799, dans une bourgade de La Nouvelle-Angleterre, plusieurs villageois sont retrouvés décapités. Les habitants horrifiés pensent que ces meurtres sont perpétués par le chevalier sans tête, fantôme d'un soldat qui perdit sa tête durant une bataille et qui cherche à se venger. Pour cela, il emporte la tête de ses victimes qu'il enfouit au pied de « l'arbre des morts » dans la forêt hantée du Ponnant. Les autorités new-yorkaises envoient alors le détective Ichabod Crane pour résoudre ce mystère.  Ichabod est un scientifique, il ne croit pas aux légendes, encore moins aux revenants. Pourtant, à peine arrivé sur le lieu des drames, il observe d'étranges évènements et certains fantômes, intimes, cette fois, reviennent en force le hanter pendant son enquête...

Réalisé en 1999 par Tim Burton, Sleepy Hollow est inspiré de la nouvelle "la légende de Sleepy Hollow" écrite par Washington Irving en 1820. Celui-ci s'était déjà inspiré d'une légende d'Halloween bien plus ancienne où le cavalier avait une citrouille à la place de la tête qui lui manquait.



Dans une atmosphère gothique, voilà une fameuse recette à base de légende et de fantastique, de rêves et de cauchemars, saupoudré d'une... belle histoire d'amour. Et puis, le film a été produit par Francis Ford Coppola tout de même.

Tous les ingrédients pour plaire à la Troltinet !

Pour la petite histoire, Sleepy Hollow est  une ville situé à 30 minutes de New York et qui a inspiré beaucoup de monde et notamment Stephen King…

Par Troltinet - Publié dans : Cinéma de l'imaginaire
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Samedi 19 avril 2008

Les fables de l'Humpur. - J'ai lu, 2005. - (J'ai lu Fantasy). - 476 p.

L'espèce humaine a complètement disparu de la surface de la planète. Il ne reste plus que ses descendants : les grognes, peuple mi-humain mi-cochon, les hurles, mi-humains mi-loups... bref, toute une ménagerie de mutants qui, petit à petit, perdent leur patrimoine humain et s'enfoncent inexorablement dans la régression animale.

Véhir ne supporte pas de voir la jeune Troïa qu'il aime livrée aux appétits collectifs des reproducteurs lors de la cérémonie du Grut. Il s'enfuit en quête des derniers dieux humains de la légende... Lorsqu'il rencontrera une princesse Hurle des liens subtiles, à découvrir absolument, vont se tisser entre eux.

 

Ah l'amour, toujours l'amour !

La Troltinet a particulièrement apprécié l'habileté descriptive de Bordage qui raconte l'amour naissant entre la louve affamée et le cochon qui sent la peur.

 

Premier roman de fantasy (qui se termine en roman d'anticipation) de Pierre Bordage, Les Fables de l'Humpur regorge de trouvailles et d'audaces, en particulier dans l'invention d'un langage dégénéré. Jouant des figures du roman de quête et d'initiation, il réussit un surprenant roman d'amour, beau et captivant, et porteur d'une belle foi en l'être humain.



 

Porteurs d'âmes / Pierre Bordage.- Au Diable Vauvert, 2007.- 501 p.

 

Pierre Bordage est un malin : à partir du thème du voyage d'un esprit dans le corps d'un autre, il a élaboré un récit à suspense qui met en lumière les différences individuelles, culturelles et sociales.

Pour ce faire, il a construit son intrigue autour de trois personnages qui nous font avancer dans trois histoires indépendantes et qui, bien sûr finissent par ce rejoindre en milieu de roman.

 

La première s'appelle Léonie. C'est une jeune femme originaire du Libéria, séquestrée par sa tante qui en a fait un esclave sexuelle. Léonie parvient à s'échapper de cet enfer et se réfugie dans un foyer d'accueil. Là, elle accepte de jouer les cobayes clandestins contre la somme de 1500 euros en testant des médicaments. Cette expérience lui est insupportable car elle lui donne l'impression d'être habitée par une autre voix que la sienne…

Cyrian est notre second personnage. Il est étudiant à l'Ecole européenne supérieure des Sciences et souhaite à tout prix intégrer une espèce de fraternité étudiante, le cercle des Titans, afin de pouvoir accéder à une expérience unique : la Translation. Il s'agit d'un voyage extracorporel dans lequel l'âme du sujet quitte son corps pour s'introduire dans le corps d'un autre être humain. Le porteur de cette âme n'est évidemment pas au courant de cette intrusion...

Enfin Edmé, un flic de la Crim', proche de la retraite, sérieux et détaché et quelque peu fatigué. Il mène une enquête autour d'un cadavre féminin retrouvé dans la Marne. A force de persévérance, il découvre une vingtaine de cadavres immergés et affreusement mutilés...

L'approche de Bordage sur l'âme humaine est attrayante. Avec la même efficacité qu'un thriller, il nous mène au tréfonds de l'âme de Léonie dont le cœur pur donne une bouffée d'air frais. Il imagine notamment que dans la translation, les âmes cohabitant dans le même corps finissent, après un laps de temps assez court, par fusionner…

Tout se termine donc par une histoire d'amour !

Dans la SF, il n'existe pas encore de terme pour désigner ce genre, Troltinet décide de lui donner un nom : ce sera du romanticpunk ! Voilà !

Par Troltinet - Publié dans : Chroniques littéraires
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Dimanche 13 avril 2008

 


Engloutis sous un sable mouvant,

Deux cœurs abîmés, laminés, broyés.

L'un captif d'un étau suffocant

L'autre vomissant sa part sans jamais l'avaler.

 

Scellé à leur carcasse, le désespoir.

 

Sa douleur poisseuse administre leurs corps.

Les ramenant sans cesse vers le chemin des morts.

 

Pour contrer leur terreur

Ils s'accrochent à l'avenir, au passé, au miracle.

Et plus ils s'y attèlent,

Et plus ils se débattent,

Plus le sable insinueux les emporte vers le fond.

 

                                   …Toujours plus profond.

 

 

 Puis l'un des yeux empoissés de chimères,

Entre deux larmes versées, incise sa paupière,

Observe son cœur et lui dit :

 

« Pauvre petit cœur,

Naufragé dans ta propre demeure,

A contre-courant, tu t'épuises, tu luttes contre toi,

Laisses glisser l'instant sur toi.»

 


Une main du cœur pose sur lui un pansement d'instant,

Une trace de présent.

Et l'autre main flotte au gré du vent.

 

Maintenant, parfois, les sables s'épaississent,

Et d'un battement, le cœur gravit quelques marches.

 

                                   … L'horizon s'élargit.

 

 

 

Quand progresse à nouveau,

Une trouble montée d'eau,


Je dépose une main sur mon cœur

J'ouvre l'autre vers l'instant,

Vers la vie telle quelle est,

 

Les sables s'épaississent,

Et d'un battement…




… L'espoir renaît de la prise en main de l'instant présent.

 

 

 

Par Troltinet - Publié dans : Foldryardises
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