Jeudi 7 mai 2009
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Demains les posthumains / Jean-Michel Besnier.- Ed. Hachette littératures, 2009.- 200p.- (Haute tension).
S’inspirant de la fiction intitulée Demain les chiens de Simak pour baptiser son livre, Jean-Michel Besnier, professeur
de philosophie à l'université Paris-Sorbonne et membre du Centre de recherche en épistémologie appliquée, nous présente ses réflexions philosophiques sur l’avenir de
l’humanité :
Interrogeant la notion de l’Autre sous ses différentes formes à
venir (cyborg, clone, robot, l’humain génétiquement modifié…), l’auteur nous projettent dans un futur proche où l’homme ne naîtra plus mais s’auto-produira (on peut penser au passage à Le meilleur des mondes), où l’homme sera dispensé de la maladie et même de la mort (La maison du scorpion est une des nombreuses fictions qui explorent cette
idée).
L’auteur ne se place pas dans le registre de la fiction mais dans
celui de la prospection scientifique (ce qui revient au même à mon sens puisque la SF et la science s’alimentent mutuellement), et il s’interroge :
Comment allons-nous nous redéfinir dans ce nouveau monde et comment
accepter, si nous le devons, de laisser place à des êtres différents qu’il appelle les post-humains.
Avec beaucoup de sérénité (et de philosophie forcément), l’auteur
souhaite nous faire découvrir notre inévitable future identité de post-humains, en montrant justement qu’en toute logique la définition de cette identité s’élargira, s’enrichira et permettra
d’envisager l’ouverture de ses frontières à celui des animaux et des machines.
Comme à la lecture de Demain les chiens, le propos est vertigineux tant il nous projette loin dans le temps et dans notre conscience intime de notre
nature.
Extrait d'un interview de Jean-Michel Besnier intitulé "quand la science-fiction d'hier devient
réalité".
Par Troltinet
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Lundi 9 mars 2009
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19:15
Catherine Dufour.- Ed. Le bélial, 2008. - 400 p.
Les critiques sont unanimes : le recueil de nouvelles de Catherine Dufour est une
gourmandise littéraire. Le Bélial a mis le paquet en mettant au menu des préfaces signées Richard CombaIlot et Brian Stableford, une post face de Catherine Dufour, un entretien, une bibliographie
exhaustive et une couverture signée Philippe Caza… Mais surtout, surtout, 20 récits dont 7 inédits, tous plus croustillants les uns que les autres.
Croustillants et mordants ! Car Madame Dufour a une plume à la fois aiguisée et acide. Quand on la dévore, des torgnoles de surprises déferlent en cascade sur
nos têtes qui s’inclinent bien bas face à un talent manifeste qui propulse l’ouvrage dans la catégorie des « incontournables ».
Ce qui caractérise le plus ce recueil, c’est l’explosion de « polymorphisme » littéraire qu’il dégage. Madame Dufour signe d’une plume parfaitement
maîtrisée des récits de formes hétéroclites qui contribuent à nous surprendre toujours davantage et de page en page.
A mon sens, une des meilleures critiques parue sur le net et qui résume parfaitement l’excellence de ce recueil, se trouve sur le
site du cafard cosmique.
Et vl’à la préface de Stableford en prime.
Comme disait ma copine Thérèse : « C’est très fin, ça se mange sans fin ».
Et là, c'est pour de vrai de vrai ! Alors bon appétit !
Par Troltinet
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Publié dans : Chroniques littéraires
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Mercredi 25 février 2009
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Les orphelins de Naja.- Nathalie Le Gendre / Ed. Mango, 2008.- 205 p.- (Autres Mondes 47)
Au XXIIIème siècle, l'Organisation Mondiale pour la Protection de l'Enfance (OMPE) développe le projet "Terre saine de corps et d'esprit". Sous le contrôle de l'Eglise et de
l'armée, des milliers d'enfants terriens défavorisés sont envoyés sur la planète Naja afin d’y trouver refuge et bonne éducation. Placés dans des orphelinats, sous la responsabilité d’un tuteur,
les enfants sont à la merci d’un vaste réseau pédophile qui s’est formé sur Naja.
Nathalie Le Gendre s'attaque à des thèmes extrêmes comme les organisations pédophiles, les enfants soldats, le viol, la torture, la drogue…Dans le monde littéraire
jeunesse, ce roman a fait grand bruit avant sa parution et l’auteur a échappé de peu à la censure !
J’étais donc curieuse de comprendre comment des sujets si pénibles pouvaient être abordés dans une collection dédiée à un public si jeune (à partir de 14 ans).
Nathalie Le Gendre s’en sort trés trés bien : Toute la cruauté et la violence de cette histoire est bien présente, incisive et tragique, pourtant tout est soufflé sans tomber dans un
malaise malsain ou voyeuriste qui aurait risqué à mon sens de mortifier de jeunes lecteurs.
Comme elle l’explique elle-même dans un interview donné auprès de lirado.com, aborder de tels sujets
dans une société futuriste permet de laisser au lecteur la possibilité de s’évader malgré l’atrocité des propos. La SF possède cette qualité de pouvoir parler de la sauvagerie du monde actuel
tout en sauvegardant le moral des troupes puisqu’elle nous protège en nous projetant toujours dans un autre monde…
…Autres Mondes, un nom bien consacré, porté par cette excellente collection de science-fiction offerte à la jeunesse. Actuellement la seule qui ait cette spécificité sur le marché français
et qui rempli à merveille les objectifs qu’elle s’est fixée. Bravo à toute l’équipe de Denis Guiot ! et un petit merci à Benjamin
Carré pour la couverture de l’ouvrage.
Par Troltinet
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Publié dans : Chroniques littéraires
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Lundi 23 février 2009
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20:00
Petite conversation entre vieux amis ou cinq façons de se débarrasser de son ennemi
:
Troltinet : - Je me vengerais !
Anaxagore : - Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se
transforme.
Troltinet : - Tu as raison Anaxagore. Mon désir de réparation est vain. Seul le temps guérira mes blessures et mon envie de vengeance évoluera vers un autre
sentiment ? Mais j’aimerais bien savoir quoi ?
Saint Augustin : - On est plus proche de dieu dans la vérité que dans le mensonge.
Troltinet : - La vérité ? Mais c’est bien sûr ! Je dois partir à la conquête
de la vérité pour me purifier de toute cette fange qui m’empoisse l’esprit et empoisonne mon corps… La vérité percera et grâce à elle je pourrais enfin me laver les mains des miasmes des
mensonges que j’ai pu subir et qui m’ont emprisonné dans un éternel désir de vengeance !
Montesquieu : - S’appelle préjugé ce qui fait qu’on s’ignore soi-même.
Troltinet : - Oui, oui ! Vous avez raison les amis. Je dois faire voler en éclat les préjugés qui m’enferment dans ma haine. Tel un forgeron, je polirais
la pierre de mon ignorance jusqu’à pénétrer le cœur de ma vérité. Et alors, je finirais par débusquer la pleine plénitude à laquelle j’aspire !
Heinstein : - Il est plus facile de désintégrer un atome qu’un préjugé.
Troltinet : - … Ah
d’accord ! Sympa ! Bonjour l’ambiance ! Je vois qu’on peut compter sur monsieur le génie du siècle pour encourager les copains !
Par Troltinet
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Publié dans : Foldryardises
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Lundi 16 février 2009
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14:17
Qualifié par les uns de magnifique audace et par les autres de pop-corn movie, « la guerre des mondes » réalisée par Spielberg est, de fait, la seconde
adaptation cinématographique du roman de H.G. Wells.
Le célèbre réalisateur
s’est donc attaqué à forte partie pour les amateurs du genre qui attendent une nouvelle version d’une œuvre classique et finalement « sacrée », sur le thème du méchant envahisseur venu
de l’espace. A mon sens, l’intérêt majeur de la fiction de Wells était de montrer que l’humain est lui-même un étranger sur sa propre planète, qu’il y réside simplement auprès d’une multitude
d’autres organismes et que, comme les autres organismes, ils sont toujours en proie à la multitude d’imprévus qui s’y produit perpetuellement.
Le personnage principal du roman est d’ailleurs complètement dépassé par les évènements et ne devra sa survie qu’à la nature même de l’atmosphère terrestre, mortellement incompatible avec celle
des affreux martiens envahisseurs.
Le film de Spielberg a été encensé à juste titre par la plus grande partie de la presse, pour la qualité époustouflante des effets spéciaux, la maîtrise des
techniques visuelles qui donnent au film la noirceur absolue d’un monde devenu pour l’homme un véritable chaos. En revanche, je reste dubitative au sujet de la « profondeur » que
le réalisateur aurait souhaité donné à l’intrigue.
A l’instar d’une chroniqueuse de SF Mag n°56 qui explique que « les plans sont magnifiques et qu’en plus on a droit à Tom Cruise en vedette, alors
pas de quoi se priver », j’aurai souhaité de la part de ce magasine spécialisé un peu plus de subtilité quant au sujet censé charmer les amateurs de SF.
Quoi qu’il en soit, la fin bâclée du film, ne laisse pas le temps de mesurer le sens profond que Wells aurait souhaité donner à son histoire, celle de la puissance
des forces naturelles que l’humain ne maîtrisera jamais (quand bien même l’humanité aurait choisit de nommer son Dieu Tom Cruise).
Par Troltinet
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Publié dans : Cinéma de l'imaginaire
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Palabres de voyageurs