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Palabres de voyageurs

Jeudi 11 décembre 2008
Un horizon de cendres / Jean-Pierre Andrevon.- Le Bélial, 2004.- 243 p.

Des morts. Des morts partout.
Des morts qui sortent de leur trou pour se reconstituer tant bien que mal (et on imagine plutôt mal que bien). Aujourd’hui, ils déambulent dans les rues, impassiblement, en soufflant des hahouuu suintants qui donnent aux êtres, aux choses, au monde, une tout autre tonalité…
Hier, la vie suivait son court. Aujourd’hui les morts traquent leur tour.
Pour le narrateur de cette histoire, la vie bascule à grande vitesse vers un tout autre horizon.

Alors quoi ? Une histoire remachouillée de zombies ? Voilà ce que Troltinet ose vous proposer ?
Eh bien oui ! Sans rebondissement spectaculaire, sans effets spéciaux. Un scénario basique et prévisible. C’est ce que Andrevon nous offre avec beaucoup de générosité. Car il le fait brillamment à travers le regard morne d’un narrateur qui analyse froidement une situation désespérée. Andrevon n’a aucune raison de nous expliquer ce que nous savons déjà tous sur les zombies, il s’applique à poser d’autres questions qu’il désigne modestement comme de la philosophie de comptoir. Les amateurs d’horreur et de bouillons d’hémoglobines n’y trouveront peut-être pas vraiment leur compte. Andrevon nous met juste la pression qu’il faut, tranquillement, progressivement. Il harponne notre attention et la tire mollement vers un étau qui se referme, un piège littéraire à s’en bouffer la cervelle… C’est un déconcertant moment à passer.
Par Troltinet - Publié dans : Chroniques littéraires
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Mardi 9 décembre 2008

Synopsis : Affaibli par la Seconde Guerre Mondiale, le gouvernement du Japon met en place un projet de "développement accéléré" pour relancer son activité économique. Mais le chômage augmente considérablement et, dans les grandes agglomérations, la surpopulation et l’extrême pauvreté entraînent une hausse alarmante de la criminalité. Des groupes anti-gouvernementaux s’organisent et occasionnent de graves troubles.
Le gouvernement créé alors une section de défense composée d’une armée d’élite, les « Panzers » qui sont de véritables machines à tuer.

Chargé d’anéantir sans sommation les membres rebelles de la « secte », un Panzer faille à sa tâche au cours d’une de ses missions. Le temps d’une hésitation, il laisse l’occasion à une jeune fille de se suicider en faisant exploser la bombe qu’elle transportait. Hanté par cette mort, le soldat semble extrêmement affecté.

 
Si Troltinet avait eu un cœur, il en aurait pris un sacré coup…
Sur la jaquette du DVD de Jin Roh, elle a vu écrit : « résultat exceptionnel », « projet ambitieux et abouti », « œuvres tétanisante d’intelligence et de beauté »… Et bien, ces commentaires disent vrai !

 
L’instrument qui sert de mâchoire à Troltinet s’est mis progressivement à pendouiller durant la projection. Et finalement, les yeux comblés, éblouies par tant de richesses, ils ont exprimés leur béatitude en laissant couler quelques larmes euphoriques.

Euphoriques ?... Non en réalité, le sujet du film, parcequ’il est exceptionnellement bien rendu, provoquerait plutôt un sentiment de désolation.

Plongé au cœur d’une uchronie où l’on suppose que le Japon aurait cédé à la tentation totalitaire aprés la seconde guerre mondiale, Jin Roh est une histoire d’amour qui met en exergue l’affirmation "l’homme est un loup pour l’homme". Pas d’échappatoire possible à cela car même dans les contes de fées, le chaperon rouge finit toujours par être dévorée.

 

... même si le loup n’est pas toujours celui qu’on croit.





Par Troltinet - Publié dans : Cinéma de l'imaginaire
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Mercredi 26 novembre 2008

De l’avis de Troltinet, ce film américain librement inspiré du recueil de nouvelles d’Asimov portant le même nom, vaudra particulièrement le coup d’être visionné en ayant débroussailler quelques notions élémentaires :

 

Premièrement et principalement, c’est the big Isaac Asimov lui-même qui a inspiré le scénario de ce film, et ça déjà, ça interpellerait n’importe qui, même un novice en la matière, n’est-ce pas ?

 

Non ?...

Alors voyez ce qui est dit sur le site du cafard cosmique en cliquant sur ce portrait 

 

Secondo, dans ce recueil (datant de 1950) apparaissent pour la première fois les fameuses Trois Lois de la Robotique autour desquelles l’intrigue du film d’Alex Provas se joue.

 

Première loi : Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger.

Deuxième loi : Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la première loi.

Troisième loi : Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n'est pas en contradiction avec la première ou la deuxième loi.

 

 

Ces Trois Lois, inventées et largement exploitées par Asimov, lui ont permis d’imaginer des récits mettant en scène les failles des machines dans l’interprétation de ces prescriptions. Par exemple : un robot peut-il, restant passif, laisser un humain fumer une cigarette ?

De même, certains robots agiront bizarrement, et tout l’intérêt sera alors de découvrir comment les vices de raisonnement peuvent aboutir à une situation inverse à celle préconisée par ces lois.

 

 

Synopsis du film : Chicago, en 2035, les robots sont pleinement intégrés dans la vie quotidienne de l’humanité. Alferd Lanning, un des pères fondateurs de la robotique positronique, , est retrouvé mort. L'officier de police Del Spooner ne croit pas au suicide de son ancien ami. Il tient donc à découvrir le meurtrier, et ses premiers soupçons se tournent vers un robot nommé Sonny. Comment serait-ce possible cependant puisque tous les robots sont soumis, lors de leur construction aux trois lois de la robotique ?

 

Explosions d’effets spéciaux et cabrioles de cascades en tout genre. Les amateurs de roulés-boulés spectaculaires seront ravis et les philosophes de comptoir aussi… car le film met en scène un robot nommé Sonny particulièrement intelligent. Sonny est tellement évolué qu'il a conscience de lui-même et de la finalité de son existence. Peut-on alors lui octroyer la même valeur et les mêmes droits qu'à un être humain ?

Par Troltinet - Publié dans : Cinéma de l'imaginaire
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Dimanche 16 novembre 2008

Sortie de route / Nathalie Salvi.- Griffes d'encre, 2008.-99 p.- (Novella).


Créée en 2007, la très récente édition Griffe d’encre a déjà publié 13 romans d’imaginaire.
Remarquable par son côté sympathique et "familial", leur site a été une petite partie de plaisir à visiter. On pourra notamment apprécier de faire la connaissance de leur mascotte (un t'it chat dessiné sous toutes les coutures) et des cinq membres principaux qui composent l'équipe de cette gentille maison d'édition.


Voilà pour l’aparté, et si nous parlions de « Sortie de route » maintenant ?

 

Cette novella intelligente est une dystopie (une contre-utopie), dont le personnage principal, monsieur Théodore est extraordinairement ordinaire et parfaitement imbuvable.

Ce postier de quarante ans, bien-pensant et foncièrement aigri, va avoir l’immense chance de sortir malgré lui de sa très sécurisante routine lorsque la brigade de Répression des Abus en Matière d’Etre débarque chez lui en pleine nuit pour l'appréhender.

Monsieur Théodore en est d’ailleurs tout boulversé car les gros bras de la brigade ne lui laissent même pas le temps d’enfiler son costume de ville.
C’est un comble tout de même !

Monsieur Théodore est alors bien loin de se douter du choc psychologique qu'il subira bientôt. Car, confronté à une organisation ultra-perfectionniste et inhumaine, Monsieur Théodore finira peut-être par trouver ce qu'il dissimulait lui-même de plus humain en lui.

 



Respectant le principe de la novella, l’histoire est donc courte et efficace.
Nathalie Salvi est parvenue à construire en très peu de mots une intrigue riche et saisissante. La société qu'elle décrit est d’autant plus tyrannique qu’elle dissimule son despotisme derrière le prétexte fallacieux du souci sécuritaire du plus grand nombre.

ça me rappelle quelque chose...
Mais quoi ?
 

 

Les bibliothécaires pourront noter deux autres titres de l’édition griffes d’encre qui ont fait parler d’eux, il s’agit de Expéron d’Hélène Cruciani et de Jouvence d’Alain Le Bussy.

Par Troltinet - Publié dans : Chroniques littéraires
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Samedi 25 octobre 2008

Carnet de croquis, archives de féerie tome 2 / Jean-Batiste Monge.- Au bord des continents, 2008.- 68 p.

La maison d'édition intitulée Avis de tempête et qui, en 1999 prendra le nom de Au bord des continents, réalise de beaux livres sur la thématique des mondes faëriques. Leur catalogue offre aujourd’hui un panel d’une cinquantaine d’ouvrages, albums et bandes dessinées, contes et livres pour la jeunesse, tous influencés et nourris par les mythes et légendes celtiques. L’illustration y tient systématiquement une place privilégiée et immerge le lecteur dans les envoûtants territoires de faërie.

 

Troltinet met aujourd’hui à l’honneur l’ouvrage « Carnet de croquis, archives de féerie » de Jean Baptiste Monge.

Pourquoi celui-ci plutôt qu’un autre ? pourrait-on rétorquer à Troltinet., car chez Au bord des continents, les ouvrages sont nombreux à se bousculer au portillon de la qualité.

Hé bien parce que celui-ci est une invitation à explorer le travail de recherche de l’illustrateur au travers de ses nombreux croquis et quelques griffonnages qu’il a mis en page pour l’occasion.

 

"Ce que souhaite Jean-Baptiste au plus profond de lui-même, je le sais maintenant, c’est inviter chacun de ses lecteurs à visiter son atelier et à se pencher sans bruit, afin de le regarder travailler, par-dessus son épaule. Allez y, je vous y engage, approchez-vous furtivement de sa table à dessin. Toutefois, gardez-vous bien, car il en est de cette visite comme d’un voyage au royaume des Fées, certains n’en reviendront jamais…" - Extrait du texte d'introduction de Patrick Jézéquel.

 

Jean-Batiste Monge trouve ici une manière de réanimer des personnages qui sommeillaient au fond de ses cartons à dessin, ou de nous faire découvrir la naissance de ceux que nous avons eu le bonheur de croiser dans d’autres de ses ouvrages. Etonnamment, ses premiers jets rehaussés de commentaires bien sentis, apparaissent comme il le dit lui-même : « toujours plus vivants que ce que l’on en fera ensuite ».


 

Il n’empêche que ce qu’il en a fait ensuite reste fameux. Si vous ne les connaissez déjà, Troltinet vous invite à plonger au cœur de son site dont voici le lien :

http://www.jbmonge.com/


 

Par Troltinet - Publié dans : Illustrateurs
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