Lundi 25 mai 2009

Zen City / Grégoire Hervier.- Au diable Vauvert, 2009.- 364 p.


Zen City est une ville exceptionnelle, dotée d’une architecture ultra-moderne et de moyens technologiques hors du commun. Campée dans un site magnifique des Pyrénées, Zen City est régie par le contrat « Global Life », qui garantit à ses habitants et employés une gamme impressionnante de services qui leur facilite la vie et protége leurs intérêts.

Grâce à une puce RFID (identification par radio fréquence) implantée sous la peau de la main, Global Life se charge de surveiller votre domicile, de garnir votre frigidaire en s’adaptant à l’historique de vos anciennes commandes, de vous prévenir de la proximité d’un membre correspondant à votre profil…

C'est dans ce petit paradis que vient s'installer Dominique Dubois, statisticien trentenaire dont la principale caractéristique est d'être remarquablement moyen, c'est à dire un être qui ne se remarque absolument pas...


Ce livre est le témoignage de cet homme, un des rares rescapés de ce que les médias ont appelé la « Tragédie de Zen City ». Sous forme d’extraits significatifs du blog de Dominique Dubois, blog qu’il a débuté quelques mois avant son arrivée à Zen City, ce roman prend une forme tout à fait originale et représentative de nos moyens de communications actuels.

L’auteur nous projette à la vitesse d’un bon thriller dans une cité utopique qui se meut progressivement en une véritable dystopie.

Car vous aurez sans doute compris que la puce RFID, celle qui facilite tellement la vie de son porteur, est aussi une mine d’informations et une extraordinaire cartographie qui permet d’exercer une manipulation à la fois individualisée et massive. Décrivant notre monde actuel, avec ses préoccupations sécuritaires, ses obsessions consuméristes, ses angoisses communicationnelles, Hervier nous installe tout doucement face à nos paradoxes, c’est à dire notre tendance tellement « normale » de laisser choir nos libertés individuelles pour un confort de vie sécurisant et une délicieuse indolence intellectuelle.


« Zen City ne fait rien d’autre que mettre en scène – mais de façon magistrale - notre monde d’aujourd’hui, un monde où « vos origines, vos croyances, vos convictions nous importent peu, ce qui compte c’est que vous soyez notre client. »

 

Pour achever de nous convaincre, ce talentueux auteur nous a concocté un petit site très évocateur et ô combien préoccupant…      zencity.fr

Par Troltinet - Publié dans : Chroniques littéraires
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Jeudi 7 mai 2009

Demains les posthumains / Jean-Michel Besnier.- Ed. Hachette littératures, 2009.- 200p.- (Haute tension).

S’inspirant de la fiction intitulée Demain les chiens de Simak pour baptiser son livre, Jean-Michel Besnier, professeur de philosophie à l'université Paris-Sorbonne et membre du Centre de recherche en épistémologie appliquée, nous présente ses réflexions philosophiques sur l’avenir de l’humanité :

 

Interrogeant la notion de l’Autre sous ses différentes formes à venir (cyborg, clone, robot, l’humain génétiquement modifié…), l’auteur nous projettent dans un futur proche où l’homme ne naîtra plus mais s’auto-produira (on peut penser au passage à Le meilleur des mondes), où l’homme sera dispensé de la maladie et même de la mort (La maison du scorpion est une des nombreuses fictions qui explorent cette idée).

 

L’auteur ne se place pas dans le registre de la fiction mais dans celui de la prospection scientifique (ce qui revient au même à mon sens puisque la SF et la science s’alimentent mutuellement), et il s’interroge :

Comment allons-nous nous redéfinir dans ce nouveau monde et comment accepter, si nous le devons, de laisser place à des êtres différents qu’il appelle les post-humains.

 

Avec beaucoup de sérénité (et de philosophie forcément), l’auteur souhaite nous faire découvrir notre inévitable future identité de post-humains, en montrant justement qu’en toute logique la définition de cette identité s’élargira, s’enrichira et permettra d’envisager l’ouverture de ses frontières à celui des animaux et des machines.

 

Comme à la lecture de Demain les chiens, le propos est vertigineux tant il nous projette loin dans le temps et dans notre conscience intime de notre nature.

Extrait d'un interview de Jean-Michel Besnier intitulé "quand la science-fiction d'hier devient réalité".

Par Troltinet - Publié dans : Chroniques littéraires
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Lundi 9 mars 2009

Catherine Dufour.-  Ed. Le bélial, 2008. - 400 p.

  

Les critiques sont unanimes : le recueil de nouvelles de Catherine Dufour est une gourmandise littéraire. Le Bélial a mis le paquet en mettant au menu des préfaces signées Richard CombaIlot et Brian Stableford, une post face de Catherine Dufour, un entretien, une bibliographie exhaustive et une couverture signée Philippe Caza… Mais surtout, surtout, 20 récits dont 7 inédits, tous plus croustillants les uns que les autres.

Croustillants et mordants ! Car Madame Dufour a une plume à la fois aiguisée et acide. Quand on la dévore, des torgnoles de surprises déferlent en cascade sur nos têtes qui s’inclinent bien bas face à un talent manifeste qui propulse l’ouvrage dans la catégorie des « incontournables ».

Ce qui caractérise le plus ce recueil, c’est l’explosion de « polymorphisme » littéraire qu’il dégage. Madame Dufour signe d’une plume parfaitement maîtrisée des récits de formes hétéroclites qui contribuent à nous surprendre toujours davantage et de page en page.

 

A mon sens, une des meilleures critiques parue sur le net et qui résume parfaitement l’excellence de ce recueil, se trouve sur le site du cafard cosmique.

 

Et vl’à la préface de Stableford en prime.


 

Comme disait ma copine Thérèse : « C’est très fin, ça se mange sans fin ».
Et là, c'est pour de vrai de vrai ! Alors bon appétit !

Par Troltinet - Publié dans : Chroniques littéraires
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Mercredi 25 février 2009

Les orphelins de Naja.- Nathalie Le Gendre / Ed. Mango, 2008.- 205 p.- (Autres Mondes 47)

Au XXIIIème siècle, l'Organisation Mondiale pour la Protection de l'Enfance (OMPE) développe le projet "Terre saine de corps et d'esprit". Sous le contrôle de l'Eglise et de l'armée, des milliers d'enfants terriens défavorisés sont envoyés sur la planète Naja afin d’y trouver refuge et bonne éducation. Placés dans des orphelinats, sous la responsabilité d’un tuteur, les enfants sont à la merci d’un vaste réseau pédophile qui s’est formé sur Naja.

Nathalie Le Gendre s'attaque à des thèmes extrêmes comme les organisations pédophiles, les enfants soldats, le viol, la torture, la drogue…Dans le monde littéraire jeunesse, ce roman a fait grand bruit avant sa parution et l’auteur a échappé de peu à la censure !

J’étais donc curieuse de comprendre comment des sujets si pénibles pouvaient être abordés dans une collection dédiée à un public si jeune (à partir de 14 ans).

Nathalie Le Gendre s’en sort trés trés bien : Toute la cruauté et la violence de cette histoire est bien présente, incisive et tragique, pourtant tout est soufflé sans tomber dans un malaise malsain ou voyeuriste qui aurait risqué à mon sens de mortifier de jeunes lecteurs.

 Comme elle l’explique elle-même dans un interview donné auprès de lirado.com, aborder de tels sujets dans une société futuriste permet de laisser au lecteur la possibilité de s’évader malgré l’atrocité des propos. La SF possède cette qualité de pouvoir parler de la sauvagerie du monde actuel tout en sauvegardant le moral des troupes puisqu’elle nous protège en nous projetant toujours dans un autre monde…


…Autres Mondes, un nom bien consacré, porté par cette excellente collection de science-fiction offerte à la jeunesse. Actuellement la seule qui ait cette spécificité sur le marché français et qui rempli à merveille les objectifs qu’elle s’est fixée. Bravo à toute l’équipe de Denis Guiot ! et un petit merci à Benjamin Carré pour la couverture de l’ouvrage.

 


 

Par Troltinet - Publié dans : Chroniques littéraires
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Lundi 23 février 2009

Petite conversation entre vieux amis ou cinq façons de se débarrasser de son ennemi :



Troltinet : - Je me vengerais !


Anaxagore 
: - Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.


Troltinet :
- Tu as raison Anaxagore. Mon désir de réparation est vain. Seul le temps guérira mes blessures et mon envie de vengeance évoluera vers un autre sentiment ? Mais j’aimerais bien savoir quoi ?


Saint Augustin :
- On est plus proche de dieu dans la vérité que dans le mensonge.


Troltinet :
- La vérité ? Mais c’est bien sûr ! Je dois partir à la conquête de la vérité pour me purifier de toute cette fange qui m’empoisse l’esprit et empoisonne mon corps… La vérité percera et grâce à elle je pourrais enfin me laver les mains des miasmes des mensonges que j’ai pu subir et qui m’ont emprisonné dans un éternel désir de vengeance !


Montesquieu :
- S’appelle préjugé ce qui fait qu’on s’ignore soi-même.


Troltinet :
- Oui, oui ! Vous avez raison les amis. Je dois faire voler en éclat les préjugés qui m’enferment dans ma haine. Tel un forgeron, je polirais la pierre de mon ignorance jusqu’à pénétrer le cœur de ma vérité. Et alors, je finirais par débusquer la pleine plénitude à laquelle j’aspire !


Heinstein :
- Il est plus facile de désintégrer un atome qu’un préjugé.


Troltinet : - … Ah d’accord ! Sympa ! Bonjour l’ambiance ! Je vois qu’on peut compter sur monsieur le génie du siècle pour encourager les copains !

Par Troltinet - Publié dans : Foldryardises
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